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Traversée du Sri Lanka aux Maldives

Nous faisons plus ample connaissance avec l’océan Indien, et comme une traversée ne se fait jamais sans quelques ennuis, celle-ci ne fera pas exception à la règle … 8 jours bien remplis !

Départ : 2 mars 2019, 6:10h (UTC+5:30), Trincomalee, Sri Lanka
Arrivée : 10 mars, 16:10h (UTC+5), Uligan, Maldives
Distance : 843 milles nautiques

Notre autorisation de séjour se termine. Après un mois bien rempli, nous quittons Trincomalee le 2 mars 2019 à 6:10h, direction Uligan, port d’entrée situé dans l’atoll le plus au nord des Maldives. Il fait beau, et les conditions météo sont bonnes, à tout le moins pour les 3 premiers jours qui sont habituellement fiables.

Le premier jour de navigation nous donne un peu mal. Le vent arrière instable, variant de 5 à 15 KN, ainsi que des vagues mixées nous obligent à une navigation voile/moteur. Il y a aussi plusieurs bateaux de pêche à surveiller, mais rien de comparable à ce que nous avons rencontré en Malaisie et en Indonésie. Mais tout de même une première journée satisfaisante avec 122 MN parcourus.

La seconde journée sera plus intéressante, avec de plus belles périodes de vent N.-E. à plus de 10 KN. Par contre, le régulateur souffre encore de désorientation. On profite d’une période moins venteuse durant la nuit pour exécuter deux grands cercles durant la nuit afin de corriger la direction du bateau sur le traceur. On commence à avoir l’habitude ! 156 MN au compteur durant cette deuxième journée.

Bien que beaucoup moins venteuse, la troisième journée sera agréable puisque une bonne occasion d’utiliser notre genniker durant le jour. En soirée, nous prenons tout de même un ris sur la grand-voile rentrons le genniker et poursuivons avec le génois pour la nuit. Notre surprise du jour fût au petit matin du 5 mars. Le vent à moins de 4 KN, la mer est sans vague, nous démarrons le moteur pour avancer un peu et Claude réalise que même avec le bras de vitesse poussé à fond, le moteur ne révolutionne qu’à 2 500 tours-minute, alors qu’il devrait monter à plus de 5 000 tours !! Mais qu’est-ce qui se passe avec le moteur ? Claude se questionne sur le travail d’entretien préventif effectué sur le moteur avant notre départ de Phuket … mais qu’est-ce qu’ils ont trafiqué ??? Bon, pour le moment, on avance, mais il faudra vérifier dès notre arrivée à Uligan. Les conditions nous permettent d’avancer facilement le quatrième jour de traversée, alternance voile/moteur et courant favorable. Nous parcourons 270 MN durant ces deux jours de traversée.

Mais c’est au cours du cinquième jour de traversée, soit du matin du 6 mars au matin du 7 mars, que nous subissons les conséquences de la perte de puissance du moteur. Un vent de 10-15 KN s’installe maintenant au O.-N.-O. ce qui nous donne un vent de face impossible à naviguer à voile. Nous démarrons le moteur mais à 2 500 tours-minute, avec ce vent et le courant contraire, nous n’avançons qu’à 1 KN à peine !! OK, Claude décide de se mettre «à la cap» jusqu’à ce que le vent nous permette d’avancer en direction O.-N.-O. Mais cette solution s’avère impossible, car après deux tentatives, le courant nous entraîne chaque fois à plus de 2 KN vers le nord-est, ce qui nous repousserait à plus de 50 MN contraire à la route. Nous entrons alors en communication avec l’agent qui a préparé notre arrivée à Uligan et lui expliquons la situation. Nous lui demandons s’il est possible de changer de cap et se rendre sur Male plutôt que Uligan, qui serait une destination plus facile à atteindre dans les circonstances. Notre agent nous répond assez rapidement que non, l’idée n’est pas bonne du tout du tout, trop compliqué et trop à risque de se faire refuser l’entrée !!!! Reste donc la solution la moins intéressante, faire des bords et espérer que le vent, et surtout le courant, ne s’attardent pas trop dans ces directions qui ne nous sont pas favorables. Cette journée se soldera par beaucoup de milles nautiques, mais une maigre avancée productive de 35 MN ! Au moins, nous n’aurons pas reculé !!!

Quand ça «adonne» pas …

Vers 1:00h durant la nuit du 7 au 8 mars, le vent tombe assez pour nous permettre de repartir le moteur et parcourir 120 MN durant le sixième jour de traversée. Le matin du 8 mars, Claude vérifie le niveau d’essence et réalise avec stupéfaction que le moteur consomme plus de 4L/hre-moteur, soit plus du double de la consommation moyenne lors des traversées précédentes. Il faut arrêter le moteur puisqu’avec la quantité de fuel qui reste, il ne sera pas possible de faire à moteur les 90 MN qui restent. Nous devons attendre la reprise du vent qui selon les prévisions, devrait se présenter durant la journée. Pendant cette pause forcée, Claude en profite pour regarder les injecteurs qui semblent être la cause la plus probable (en même temps que la plus inattendue !) du problème de perte de puissance et de consommation de fuel. Il faudra attendre toutefois d’être arrivés à destination car les outils manquent pour ce genre de travail sur le moteur. Enfin, un vent N.-O. nous permet de reprendre la route. Avec ce vent, pour se rendre à destination, nous devons prendre cette fois un premier bord direction nord durant la soirée, puis un second bord à l’ouest direction Uligan durant la nuit qui suivra. Les voiles ajustées chaque fois au près serré et trinquette déployée, ainsi qu’un faible courant nous permettent de parcourir les derniers 95 MN sans moteur. Nous aurons d’ailleurs le privilège d’être accompagnés brièvement par des dauphins à l’approche de Uligan.

Quel plaisir de croiser ces jolis mammifères marins en fin de parcours !

Et le 9 mars vers 16:00h, nous arrivons à Uligan. Nous n’utiliserons finalement le moteur que pour le dernier mille nautique jusqu’à l’ancrage. Quel magnifique paysage nous attend ! Jolie petite île de sable, eau cristalline, paysage de carte postale ! Tout de suite notre agent nous rejoint au bateau, accompagné de trois officiers. Moins de 30 minutes plus tard, les formalités d’entrée sont réalisées et nous obtenons une carte SIM nous aurons utilisé 280 litres de diesel pour 64 heures de moteur, soit une consommation de 4,24 litres par heure moteur !!! Mais c’est avec appréhension que nous nous demandons si, dans ce magnifique décor épuré, nous trouverons ce qu’il faut pour réparer le moteur ?

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