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Traversée de la Thaïlande au Sri Lanka

Notre première véritable expérience de navigation dans l’océan Indien débute lors de cette traversée de près de 8 jours dans la mer d’Andaman et le golfe du Bengale.

Départ : 26 janvier 2019, 12:30h (UTC+7), Phuket, Thaïlande
Arrivée : 3 février, 7:30h (UTC+5:30), Trincomalee, Sri Lanka
Distance : 1 078 milles nautiques

Après plus d’un an dans la région Malaisie-Thaïlande, il est temps de reprendre la route vers l’ouest. Océan Indien, nous voici !!!

Cette quatrième étape de notre tour du monde qui couvrira une trajectoire de près de 8 000 milles nautiques (14 820 km) se situe entre le sud de la Thaïlande, à Phuket, et le nord-est de l’Afrique du Sud à Richards Bay. Saison cyclonique oblige, nous devons avoir traversé cette zone au plus tard début novembre 2019 et avoir atteint Richards Bay, port d’entrée qui se situe hors de la zone à risque. Comme plusieurs autres navigateurs, nous prévoyons un départ fin-janvier/début février en direction du Sri Lanka, période recommandée pour la navigation à voile dans ce secteur. Cette destination est aussi de plus en plus populaire auprès des tourdumondistes à voile. Une fenêtre météo intéressante se présente, nous quittons donc la marina Boat Lagoon de Phuket à 12:30h le 26 janvier 2019, après avoir procédé en matinée aux formalités de départ au port de Phuket dans la baie de Chalong.

Ce premier jour nous permet de renouer avec la «vraie» traversée que nous avons délaissée depuis plus d’un an. Le temps est magnifique mais après avoir passé la pointe sud de Phuket, un vent arrière de 12-20 KN, associé à des zones de fort courants nous donne quelques difficultés. En effet, lorsque le bateau rencontre le courant, il «valse» littéralement sur l’eau et tourne à presque plus de 90 degrés dans le sens du courant avant que le régulateur corrige la trajectoire. Résultat … le vent arrière passe de l’autre côté de la grand-voile et l’empannage brusque survient. Mais nous évitons que la bôme vire violemment de l’autre côté, grâce au nouveau frein de bôme, installé peu de temps avant notre départ, qui permet de garder la bôme de grand-voile bien en place dans ces situations non contrôlées. Il servira aussi à empanner doucement à partir du cockpit, sans plus avoir à faire sur le pont toutes les manipulations requises par le hale-bas que nous utilisions jusqu’à présent. Il y a aussi ce phénomène de vagues mélangées qui donne une impression de «machine à laver» dans le bateau … bref, on s’initie aux conditions de l’océan Indien. Et au départ de cette traversée, il y aura tous ces bateaux de pêche à surveiller durant cette première soirée et nuit. 126 MN à la fin de ce premier jour de traversée, et déjà, l’heure est reculée de une heure.

Lors de notre second jour de traversée, les conditions nous permettent de sortir le genniker, maintenant installé sur un enrouleur. Là aussi, nous comptons sur cet équipement pour avoir moins de manœuvres à effectuer à l’avant du bateau. Il faudra quelques ajustements et de la pratique mais dans l’ensemble, l’expérience est positive. Ce deuxième jour se soldera par 127 MN parcourus.

La mer devient plus «régulière» durant ce troisième jour, avec des vagues moins mixées et des courants moins forts. le vent est aussi mieux établi et demeure entre 15-25 KN. Durant la nuit, nous approchons des îles Nicobar et C.Coquin se fait appeler par un officier de ce l’on croit être un poste militaire situé sur l’Île de Car Nicobar. L’officier nous demande bien poliment de nous identifier et de fournir notre destination, ce que l’on fait immédiatement. Il y a beaucoup de poissons volants durant la nuit et un énorme spécimen viendra frôler Louise durant son quart. Son cri réveillera le capitaine, qui se doute tellement de ce qui s’est passé, qu’il reste couché et se rendort tout de suite sans poser de question ! Un beau 142 MN durant ce troisième jour de navigation.

La quatrième journée est plus nuageuse mais sans pluie. Nous subissons toujours ces périodes de «valsage» du bateau occasionné par les zones de fort courants mais elles sont moins fréquentes et moins prononcées. Par contre, le traceur montre que le bateau subit un courant de travers de près de 4,5KN et occasionne un angle de correction du bateau de plus de 25 degrés ! Nous complétons tout de même 148 MN pour ce quatrième jour.

Un bon vent soutenu de plus de 20 KN soufflera toute cette cinquième journée. Les vagues, parfois de plus de 2 mètres ont tendance à déferler et nous en aurons effectivement une qui innondera le cockpit, amenant aussi des poissons !! Pour la première fois depuis le début de notre TDM, nous installons le panneau de bois qui bloque la partie inférieure de la descente afin d’éviter de recevoir de l’eau salée à l’intérieur du bateau. Nous prendrons 2 ris et naviguerons avec la trinquette durant la nuit en conservant tout de même une vitesse entre 6 et 8 KN. Cette cadence nous récompensera d’un beau 152 MN durant cette journée.

Le ciel se couvre complètement et les conditions de cette sixième journée se composent d’un vent entre 10 et 20 KN, des vagues montant jusqu’à 2 mètres et de fortes et fréquentes ondées. Encore 150 MN parcourus et Claude retrouvera plus d’une dizaine de poissons sur le pont lors de sa tournée matinale.

le septième jour ressemble beaucoup au précédent, venteux et nuageux, mais avec de gros grains. Et Claude découvre finalement que la correction de 25 degrés sur le traceur origine du compas électronique qui est déréglé. Probablement lorsqu’on a traversé sur le haut fond des Nico Bar, et passé au dessus d’un câble sous-marin. C’est ce qui semble le plus probable puisque le problème s’est présenté tout de suite après avoir traversé les îles. La correction du compas électronique ne peut se faire qu’en exécutant un grand cercle (idéalement 2) à basse vitesse, en environ 2-3 minutes … Nous tentons la manoeuvre avec une mer sans grosses vagues. Résultat, aucune amélioration ! Mais en vérifiant le compartiment dans lequel se trouve le compas électronique du régulateur, Claude voit un gros outil de métal qui s’y trouve. Il est possible que ce soit la cause du dérèglement du compas , Claude le retire de là et tadam … le miracle se produit et le bateau retrouve sa position bien alignée avec la route sur le traceur. La nuit sera mouvementée car les grains sont forts et en approchant des côtes, nous croisons de plus en plus de bateaux et de plate-formes de pêche, espèces de petits quais flottants d’environ un mètre carré apparaissant sur notre carte grâce à un signal AIS. Congé de souper ce soir, on se réchauffe une soupe repas en boîte. Nous parcourons 141 MN durant cette journée.


Notre traceur nous indique une arrivée autour de 1:00h am le 3 février pour les moins de 90 MN qui restent à parcourir. Nous réduisons donc notre vitesse afin d’arriver autour de 7:00h. On rentre les voiles et poursuivons à moteur et à petite vitesse. Nous aurons la chance de voir plusieurs groupes de dauphins qui viendront s’amuser autour du bateau et quelques uns exécuteront même de superbes sauts arrière ! Il faudra encore beaucoup de surveillance durant la nuit à cause des bateaux de pêche, plusieurs sans AIS donc qu’on ne peut voir sur l’écran du traceur. Mais nous ne changeons pas notre route et les bateaux nous évite facilement. Au matin, vers 7:30h, comme nous nous engageons dans l’entrée de la baie, un gros bateau «militaire» nous approche et un membre de l’équipage, qui ne semble pas comprendre ni parler anglais, nous indique par signe qu’il est possible de poursuivre notre route dans la baie et de se rendre au quai. Mais nous ancrons dans un premier temps tout près du quai qui est facilement repéré. Presque tout de suite après, nous sommes invités à nous y rendre pour les formalités d’entrée que nous ferons avec l’aide de l’agent que nous avons engagé avant notre départ de Phuket. Nous resterons à lancer dans cette grande baie bien protégée durant tout notre séjour au Sri Lanka.

À l’ancrage de Trincomalee

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