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Traversée Papouasie-Nouvelle-Guinée / Indonésie

De Port Moresby à Debut, Îles Moluques
Départ le 15 juillet 2017 à 7h00 (UTC+10)
Arrivée le 22 juillet à 9h30 (UTC+9)
1050 milles nautiques

En quittant Port Moresby, une nouvelle étape de notre circumnavigation s’amorce . Parce qu’avec le passage du détroit de Torres et notre entrée en mer d’Arafura, cette traversée marquera la fin de la navigation dans l’océan pacifique et le début de l’aventure à la découverte de l’Asie. Exotique à souhait !

C’est sous un ciel partiellement nuageux et une mer bien formée que nous quittons la marina de Port Moresby très tôt le 15 juillet. Les prévisions météo nous anoncent de bonnes conditions pour la semaine qui vient.
Nous aurons effectivement une moyenne quotidienne de 160 milles nautiques (MN), soit une vitesse moyenne de 6,7 noeuds (KN) ce qui est très bien pour notre C.Coquin qui a une vitesse de coque maximale de 7,2 KN.

Les deux premiers jours, nous naviguons vers le sud-ouest avec un vent du sud-est de 18 à 25 KN qui nous procure un grand largue très confortable, avec des vagues de 2,5 mètres au départ mais qui diminueront graduellement jusqu’à moins de 1 mètre le troisième jour. La première nuit, même avec 2 ris dans la grand-voile et le génois coupé au tiers, ce qui nous semble plus prudent, nous gardons une excellent vitesse. Durant les deux premières nuit, nous devons encore repousser des oiseaux très opportunistes qui tentent de se la couler douce sur les panneaux solaires rigides ou pire, sur ceux flexibles du bimini … allez ouste les oiseaux ! Un ou deux coups d’antenne radio les découragent, mais ils tentent tout de même la manœuvre plusieurs fois durant la nuit !

Fin de soirée du deuxième jour, on entre dans la voie de navigation très bien balisée du détroit de Torres. Les garde côtes australiens nous ont aussi à l’oeil et nous demande de nous identifier et de donner notre destination. Nous virons bientôt vers le sud-ouest et devons «subir» un près assez serré (60degrés) et inconfortable. Avec des vagues qui sont encore à 2 mètres, un vent entre 20-28 KN, et de bonnes averses, la nuit est sportive même avec 2 ris dans la grand-voile et génois coupé des 2 tiers. On optera finalement pour l’ajout de la trinquette du cotre qui s’avérera efficace pour demeurer au près sans dériver. Le lit de la cabine avant recevra d’ailleurs un peu d’eau, même avec le guindeau bien couvert. L’eau s’y infiltre quand-même et rentre par la porte du puits d’ancre … on adore, surtout qu’on est en début de traversée et qu’il sera impossible de faire sécher le matelas avant l’arrivée 🙁 🙁

Le matin du 17, nous arrivons à hauteur des Twin Islands et reprenons la direction ouest. Le ciel se dégage, les vagues sont maintenant de moins d’un mètre, et avec un vent de 15 à 20 KN et au largue, c’est avec une belle journée ensoleillée que nous terminerons la traversée du détroit et entrons dans la mer d’Arafura. Naviguer sur ce haut fond de 12 à 18 mètres de profondeur durant plus de 250 MN, soit près de 2 jours, restera une expérience marquante. Avec cette eau turquoise et aucune vague, on avait l’impression de naviguer dans une immense piscine ! Le ciel se couvre en soirée et nous aurons droit à quelques petites averses durant la nuit. Encore une fois, un ris est pris dans la grand-voile et avec des pointes à 32 KN, le génois sera complètement rentré, nous arrivons à faire nos 160 MN. Nous voyons plusieurs lueurs au loin, ce que nous devinons être des bateaux de pêche, plusieurs écrits en mentionnent dans cette région. Il faut y faire très attention car ces embarcations ne sont éclairés que par des lumières blanches ce qui ne permet pas de voir leur direction. Ils traînent aussi de très longs filets à peu près invisibles dans lesquels il est possible de se coincer.

Durant la journée du 18, Claude découvre le fonctionnement du mode «régulateur d’allure» du pilote automatique … wow !! Grâce à cela, la navigation au portant devient beaucoup plus agréable car le pilote s’ajuste au vent, ce qui garde le bon angle évitant ainsi le «déventage» et conséquemment le «flacossage» du génois. Une merveille !! La nuit sera ponctuée d’averses et parfois de grains assez costauds mais un ris dans la grand-voile et le génois roulé au besoin nous procure une nuit sans tracas. Par contre, les bateaux de pêche sont tout près et nombreux. Claude contourne une «usine à poissons» flottante. Nos compagnons de route, sur le voilier Grace1, en évitent un de peu. Le bateau de pêche n’a jamais semblé voir le voilier sur sa route.

Le matin du 19 juillet, on doit tangonner le génois. Le vent du sud-ouest faiblissant autour de 15 KN n’est pas suffisant pour garder le génois bien gonflé. Il sera retiré par prudence au coucher du soleil. Autre découverte intéressante ce jour-là, l’utilisation de la radio SSB. Nous n’utilisions cette radio que pour envoyer des requêtes et recevoir les gribs de météo en mer lorsqu’interner n’est pas accessible. Inscrits dans un rallye et donc traversant avec un groupe de voiliers, on nous informe d’un «net» quotidien sur la radio. Louise sort le manuel d’utilisation et arrive à trouver la fréquence sur laquelle on peut écouter le net … toute une première pour nous.

Le ciel est couvert de nuages en ce matin du 20 juillet et le restera toute la journée. Vent autour de 10-12 KN, on installe le tangon dès 6h et régulateur d’allure à 170-175 degrés, ce qui nous donne une belle performance. Le système de navigation nous prévoit une arrivée à Debut en fin d’après-midi, ce qui nous laisse présager un arrêt pour la nuit dans une baie un peu au sud afin d’éviter d’arriver trop tard pour nos manoeuvres d’ancrage. Nous passons la nuit à croiser de multiples embarcations de pêche, ce qui rend les quarts de veille très occupés.

Au petit matin du 21 juillet, grosse et désagréable surprise. Notre système de navigation, si précieux et si apprécié, «fige». Un bouton de commande (qui déplace le curseur) reste enfoncé ce qui gèle l’écran et nous empêche de visualiser notre route à l’écran. Toutes les tentatives afin de débloquer le curseur s’avèrent vaines. Vite, on sort le petit GPS, on insère la carte de navigation et … yes ! ça fonctionne ! Par contre, toutes les routes ont disparu et il faut rapidement refaire la route jusqu’à destination avec les points GPS. Claude arrive à se rappeler assez rapidement comment se servir de cet instrument rangé depuis 2014. Toute la journée, Claude tente sans succès de réparer le système. On découvre plusieurs endroits où la corrosion est visible. L’eau s’est infiltrée et il faudra remplacer notre instrument. Le vent tombe complètement alors on rentre les voiles et on termine cette traversée à moteur jusque dans la baie Ohari. On ancre dans 21 mètres d’eau à 16h30 et juste comme on termine de s’ancrer, un mur de pluie nous rejoint. Cette forte pluie durera toute la nuit.

Le 22 juillet, dès 7h, on repart à moteur sous un ciel encore menaçant. On arrive dans la baie de Debut 2 heures plus tard. Déjà plusieurs bateaux s’y trouvent. Le ciel se dégage en après-midi, ce qui nous permet d’ouvrir capots et hublots afin de ventiler et assécher l’intérieur du bateau. Et on relaxe enfin en attendant les officiels qui viendront au bateau pour compléter les formalités d’entrée au pays … Vive le rallye !

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