• Menu
  • Menu

Papouasie-Nouvelle-Guinée : Gros défi !

Notre expérience en Papouasie-Nouvelle-Guinée n’aura pas été celle prévue. Les difficultés se sont succédées et la planification du séjour fût rapidement mise de côté compte tenu des nombreuses contraintes rencontrées. Une consolation cependant… le souvenir d’un peuple respectueux, chaleureux et si sympathique !

La Papouasie-Nouvelle-Guinée : Destination défi !

Notre arrivée en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) fût saluée par un gros grain, avec pluie abondante, bourrasques de vent jusqu’à 30 noeuds, grosses vagues mêlées. Mais bof, la traversée depuis Brisbane fût tellement confortable ! Et notre premier arrêt après plus de 1 100 milles nautiques (MN) est enchanteur. Eau turquoise, peu profonde, plage de sable blanc, et les enfants nous réservent un accueil chaleureux, après nous avoir laissé tout le temps de s’ancrer convenablement. Ils ont vite fait de rejoindre le bateau dans de petites embarcations artisanales. Ils adorent être pris en photos et se voir sur l’écran de la tablette !
Bien qu’invités à visiter le village (Iloilo), nous expliquons que nous devons rester à bord car les formalités d’entrée ne sont pas effectuées.
Les formalités – avoir su, ou plutôt avoir cru !
En quittant l’Australie début juin, nous avions un mois devant nous pour explorer la PNG, ce qui est peu compte tenu des distances à parcourir, des conditions météo dont il faut tenir compte et du nombre d’îles à visiter sur ce vaste territoire. Étant inscrits au rallye Sail2Indonesia 2017, le départ de Port Moresby, capitale situées l’île principale de la PNG, doit se faire entre le 13 et le 15 juillet pour une arrivée en Indonésie autour du 23 juillet. Compte-tenu de cette contrainte de temps, nous avons limité notre planification de séjour dans l’archipel des Louisiades, situé au sud-est de la PNG. Comme les alizés soufflent du sud-est, toute arrivée à l’ouest de cet archipel promet un long et difficile parcours vent de face, ce qui est impossible à faire en moins d’un mois, avec un retour incontournable à Port Moresby ! Mais selon les guides de croisière consultés, aucun port d’entrée n’existe dans cette portion du pays, le plus à l’est se situant sur l’Île de Samarai, 200 MN à l’ouest de l’archipel ! En allant chercher notre visa au Consulat de PNG à Brisbane, nous demandons tout de même à la sympathique dame qui nous reçoit au consulat s’il est possible de se rendre dans l’archipel des Louisiades bien qu’il n’y ait plus de port d’entrée officiel. Elle nous répond qu’il n’y a aucun problème à se rendre d’abord dans l’archipel, visiter et faire notre entrée par la suite dans un des ports d’entrée tous situés à l’ouest de cet archipel. Un ami qui veut faire la même route doute de cette info qu’il a reçue lui aussi au consulat et envoie donc un email aux douanes de PNG demandant de confirmer cette information. Bien sûr, un officier des douanes lui répond qu’on doit impérativement procéder aux formalités d’entrée avant de naviguer en PNG … bien sûr ! Pouvait-il répondre autre chose ? Notre ami nous fait suivre le courriel et décide quant à lui de ne pas se rendre en PNG, compte tenu de la difficulté des vents et courants contraires .
Le 4 juin, au départ de la marina de Scarborough, nous racontons cette histoire au douanier qui prépare les formalités de sortie et lui confions notre étonnement face à ses deux informations contradictoires. Bien qu’officiellement non possible, serait-il tout de même faisableEst-il de se rendre à l’île de Misima, un peu au nord des Louisiades, et tranquillement se diriger vers l’île de Samarai pour nos formalités d’entrée ? Si une représentante officielle du pays donne ce genre d’information, c’est sûrement possible bien que pas tout à fait selon les règles. Le douanier australien est lui aussi à peu près certain qu’il est possible de se rendre sans problème dans l’archipel puis naviguer vers l’ouest. «en fait, vous pouvez vous rendre à Misima. Mais il n’y a pas de port d’entrée … voilà tout !»  Il confirme qu’il sera difficile de se rendre là si l’entrée se fait à Samarai … Ouin …..

« Bon …on y va-tu à Misima ?» Quatre  jours après le départ, grosse décision car on doit changer de direction. Soit on  s’oriente vers l’île de Samarai, soit on s’oriente vers l’île de Misima, beaucoup plus à l’est. Plutôt respectueux des lois et très frileux face à une situation conflictuelle avec les douanes et immigration papous, on opte pour l’entrée officielle a Samarai !  On ramera donc pour rejoindre les Louisisades mais on dormira en paix ! Donc, le lendemain de notre arrivée, vite à l’île de Samarai pour se débarrasser des formalités. Mais là, surprise ! Pas d’officiels, douanier, agent d’immigration ou agent de quarantaine à Samarai ! Il faudra se rendre à Alotau, plus gros port d’entrée à 15MN au nord-ouest, mais on ne peut se rendre le jour même, on s’ancre donc pour la nuit. Le matin 14 juin, nous voilà au port de Alotau. Mais où sont les bureaux des douanes, immigration et quarantaine ? Comme nous ne sommes pas certains de la solidité de l’ancrage, Claude se rend seul à terre et cherche, cherche, cherche … il semble que ces bureaux soient une énigme pour toute le monde ! La police locale finalement le conduit à un endroit qui semble être le bon … porte verrouillée, message sur la porte «Training attendance». De retour à l’autorité portuaire pour avoir de l’aide, le responsable appelle l’agent des douanes qui lui dit qu’il sera là avec l’agent de quarantaine à 16h. À16h, une gentille jeune dame de la quarantaine est au bureau des douanes mais devinez quoi ? Pas d’agent de douanes !! Il faudra reprendre tout le processus le lendemain ! On rencontre l’agent de la quarantaine au restaurant d’un hôtel situé près de l’ancrage et l’agent des douanes à son bureau. Pas de visite sur le bateau, pas d’inspection, formalités sommaires comme on les aime ! Par contre, l’agent des douanes nous dit qu’il faudra revenir chercher un document officiel de sortie avant de repartir vers un autre port officiel d’entrée dans le pays. On se demande s’il sera aussi facile de sortir que d’entrer !!

Il aura donc fallu courir littéralement après les officiels durant 3 jours pour avoir enfin une entrée officiellement reconnue ! Le responsable du port informe Claude que la PNG est en période électorale  et par conséquent, les agents frontaliers sont tous très (trop ?) occupés par l’inscription sur les listes électorales à travers tout le pays et donc moins présents. Il sera tout aussi difficile de faire notre entrée à Port Moresby. En effet, plus d’une semaine après notre arrivée à la marina, toujours pas de représentant des douanes malgré trois relances de la part du personnel de la marina ! D’ailleurs nous ne rencontrerons plus jamais de représentants frontaliers (garde côtière, marine ou autre) avant la préparation de notre sortie de la PNG … Nous nous sommes vite rendu compte que le mouvement des petits voiliers comme le nôtre ne sont pas une préoccupation en ce pays, ce qui nous laisse croire qu’une arrivée à Misima n’aurait pas pas causé grand émoi !! Cela nous aura fait manquer les Louisiades, puisqu’il ne nous aura pas été possible de s’y rendre …
Comme prévu, contre vents et marées –  Mmmm, pas une bonne idée !
Deux à 3 jours de pluie avec de bons vents, suivi d’un jour de beau temps sans ou avec un peu de vent, voilà le cycle météo dans l’est de la PNG à cette période de l’année. C’est la saison des pluies, juin et juillet sont particulièrement pluvieux, comme nous en informe l’agent de quarantaine. on espère avoir plus beau temps dans les Louisiades, secteur toujours plus sec que près de l’île principale. Après avoir complété les formalités d’entrée, vite on retourne à l’ancrage dans la baie de Kana Kopi. On prend la route de l’est dès le lendemain, le vent étant faible et les nuages pas trop menaçants. On compte prendre environ 3 jours pour se rendre, ce qui nous laissera environ 2 semaines avant de prendre la route vers port Moresby, pour laquelle il faut prévoir environ 4 jours. Premier arrêt dans une belle petite baie au nord de Basilaki Island,  où encore une fois les enfants arrivent en grand nombre et encerclent le bateau dans leurs jolis canots !  Le lendemain malheureusement, retour de la pluie mais le vent est encore acceptable bien que de l’est. On reprend la route au petit matin, et mais vers midi on doit renoncer et retourner vers l’ouest car les vagues sont devenues très grosses, le vent forcit de plus en plus (à ce moment autour de 18 noeuds) et le courant contraire qui s’ajoute, le tout ralentissant considérablement la course et rendant le trajet épique !! On retourne à l’ancrage laissé au matin dans Hemoe Bay. Déçus, nous décidons de retourner vers l’ancrage de Kana Kopi et revoir notre planification puisqu’avec ces conditions, comme nous l’avions redouté, il faudra trop de temps pour se rendre, visiter et revenir sur Port Moresby.
La navigation vers l’est a été tentée sans succès, quelles autres options s’offrent à nous ? La route vers les îles au nord exige une navigation vers le sud au retour, donc encore une fois du vent presque de face ou au mieux au près serré, ce que le bateau accomplit avec peine. . Comme en plus nous ne parvenons pas à obtenir de prévisions météo, le projet devient très hasardeux. Reste l’ouest … l’île principale, Port Moresby. Nous retournons donc à Alotau afin d’obtenir le document de sortie qui sera cette fois délivré sans souci. Avant de quitter Alotau, petite visite à l’hôpital de la ville, en clinique ambulatoire sans rendez-vous, pour une plaie à l’orteil qui s’est infectée et qui ne répond pas aux soins usuels. Traitement antibiotique en poche, retour à Kana Kopi, encore ! Cette fois, comme c’est notre quatrième retour dans la baie, le seul habitant de la petite île juste à l’entrée de la baie vient nous voir au bateau … il est curieux de savoir pourquoi on revient aussi souvent dans sa baie !!

Après une autre journée de navigation et une nuit ancrés sous la pluie, nous quittons l’est de la PNG en direction de Port Moresby. Pour accomplir cet itinéraire d’environ 250 MN, il faut sortir en haute mer et nous estimons à environ 48 heures le de navigation. Juste avant de sortir par le passage de Brumer Island et à l’abri de celle-ci, Claude prend 2 ris dans la grand-voile. Si le vent est fort, ce sera parfait, sinon, on enlèvera les ris, ce qui est plus facile que le contraire ! Quelle heureuse initiative puisque vent arrière, celui-ci s’est maintenu à plus de 20 noeuds tout au long du trajet, avec des pointes à 32 noeuds, ce qui nous a donné une vitesse moyenne de 7 noeuds, génois complètement rentré ! Là, on est avec le vent et le courant, ça va vite, ça va même un peu trop vite !!  À ce rythme, nous avions 8 heures d’avance sur l’horaire prévu, autrement dit arrivée à l’entrée du port en pleine nuit !! Nous avons dû trouver un moyen de ralentir mais que reste-t-il quand il n’y a presque plus de voile déployée et qu’il n’est pas question de passer tout droit et faire demi-tour pour passer le temps, compte-tenu du vent et du courant ? Finalement, après avoir tenté quelques changement de cap, nous nous pointons à l’entrée du port à 5heures am, le soleil n’est pas encore levé … tant pis, on se fie à notre carte de navigation qui ne nous a causé aucune mauvaise surprise jusqu’à présent et on entre ! Tout se passe très bien et l’aurore nous dévoile petit à petit les détails du port. Nous ancrons finalement dans le bassin de la marina à 7h30. Ouf !!!

Mauvais «timing»  ?
Un concours de circonstances nous fait réaliser que le séjour en PNG sera un des moins excitants de tous ceux réalisés jusqu’à maintenant !
La météo
Bon, on a appris à l’arrivée que c’était la «wet season» dans cette partie de la PNG … et quand on dit pluie, c’est de la pluie mes amis ! Nuageux, mur de pluie sur l’eau, multiples averses au cours de la journée et de la nuit, chaleur, hublots et capots fermés. Et qui dit pluie dit temps gris, couvert, la mer est elle aussi grise et fade. Ça ne donne pas le goût Pas trop invitant finalement …
Les élections
Lorsque nous sommes arrivés, nous avons appris que les officiers gouvernementaux, ceux des douanes à tout le moins, étaient très occupés à cause des élections. Le douanier de l’île de Samarai a dû participer à l’inscription des citoyens sur la liste électorale. Il est donc parti plus d’une semaine sur un «ship log».
En PNG, le vote se déroule sur une longue période, à différentes dates selon les secteurs. Nous étions à Port Moresby le 27 juin, jour de scrutin. À la marina, on nous a fortement suggéré de rester à l’intérieur de l’enceinte ou près de celle-ci le jour des élections et quelques jours après, compte-tenu d’un climat de tension et de violences potentielles. Nous avions besoin de propane en ce jour d’élection, nous avons donc fait part de cela au bureau et demandé un taxi. «Pas une bonne idée» nous dit le manager de la marina. Il nous offre gracieusement un véhicule avec chauffeur. Pourtant, tout semble bien tranquille en ville lorsque nous y circulons. Nous apprenons quelques jours plus tard que le vote a été annulé durant la journée après que des responsables de bureaux de vote furent arrêtés par la police avec en leur possession 75 000 $ et des boîtes de scrutin dérobées et remplies bulletins de vote !! La votation sera reprise le vendredi suivant. Encore une fois, il semble plus sage de rester pendant quelques jours à l’intérieur des limites de la marina.
Un bobo qui ne guérit pas

À l’arrivée (12 juin), Claude fait une petite plaie juste au dessus du deuxième orteil gauche. Après nos visites dans les rues dégoulinantes de pluie et de boue de Alotau, la plaie s’est vite infectée. Louise sort l’artillerie de désinfection et de protection … rien n’y fait, la plaie grossit et reste d’une couleur peu invitante ! La veille du départ de Alotau, une visite à la clinique s’impose ! Le capitaine repart avec un traitement antibiotique et des instructions pour traiter la plaie. Une semaine après l’arrivée à Port Moresby et une semaine après la fin du traitement antibiotique, aucune amélioration !! Nouvelle visite  médicale cette fois dans une petite clinique privée près de la marina. Encore une fois, nettoyage de la plaie, onguent antibiotique et traitement antibiotique (injection intramusculaire de pénicilline suivie de comprimés pour 5 jours).  Rien n’y fait, encore aucune amélioration !! Retour chez le médecin. Cette fois, culture bactérienne et visite quotidienne pour vérification de la plaie et réfection du pansement. Le 8 juillet, après 3 semaines à Port Moresby, case départ et pas question de se promener dans les terres avec ça !

Activités touristiques
C’est bien connu, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est reconnue pour ses festivals de danses, tous aussi réputés et fabuleux les uns que les autres. On ira donc voir de la danse papoue ! mais non … aucun festival durant notre séjour ! Un beau méga festival a eu lieu en mai, les prochains en août et septembre …
Il est aussi bien connu que l’île principale n’est pas particulièrement intéressante à visiter. Mais au moins, il fait beau !!
Finalement, qu’aura-t-on vu de ce pays exotique ?
Nous aurons donc visité quelques baies et îles près de l’île principale. La ville d’Aloyau et Port Moresby. Mais au moins là, il a fait beau et chaud  !!
Par contre, nous aurons, tout au long du séjour, rencontré des gens sympathiques et chaleureux. Des enfants souriants et curieux. Des professionnels de la santé consciencieux et dévoués.

 

 

 

 

 

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *